Défense de brouter!

Nelson Boisvert


Dans certaines régions du Québec, la densité de cerf de Virginie (Odocoileus virginianus) est telle qu'elle peut s'avérer problématique sous l'angle de la conservation des écosystèmes et des espèces menacées. L'exemple le plus éloquent est bien évidemment celui d'Anticosti. En décembre 1895, Henri Menier - richissime chocolatier français - se porta acquéreur de l'île et entreprit d'y introduire certaines espèces animales, au nombre desquelles le chevreuil. Environ 220 animaux furent lâchés et, en l'absence de prédateurs naturels, la population s'accrut rapidement pour atteindre le seuil actuel de 120 000 individus, soit une densité moyenne de 15 chevreuils/km2. En l'espace d'un siècle, le chevreuil a complètement modifié les habitats, éradiquant petit à petit le sapin baumier au profit de l'épinette et menaçant de disparition plusieurs espèces végétales indigènes. À long terme, il est à craindre que la végétation s'appauvrisse et que la biodiversité associée décline. Le cas d'Anticosti n'est pas une exception. De fait, nombre de sites patrimoniaux (dont Grosse-Île), de parcs nationaux (notamment le Bic, les Îles-de-Boucherville) et de milieux exceptionnels, surtout dans le sud du Québec, connaissent pareille situation... aussi les initiatives pour se protéger du "surbroutage" du cerf sont elles de plus en plus fréquentes, un défi relevant de la quadrature du cercle là où la présence de l'espèce est favorisée pour la chasse!



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