L'homme qui plantait... des consciences!

Éric Le Bel


Le 22 septembre, j'avais rendez-vous avec Frédéric Back, un homme qui a touché le coeur et l'esprit de millions de personnes autour de la planète, un artiste qui a marqué mon éveil et mon intérêt pour la nature. Parti tôt le matin, j'entrevoyais la route jusqu'à Montréal comme un moment de réflexion sur cette rencontre, savourant la chance inouïe qui m'était ainsi offerte. Le 22 septembre c'était également la journée « En ville sans ma voiture ». Curieusement, si j'espérais me faufiler jusqu'au centre-ville sans trop de problèmes, c'est plutôt au son des klaxons, dans un embouteillage monstre, que je me suis retrouvé. J'arrive finalement pile à l'heure pour être accueilli à la porte par le sourire de monsieur Back et l'enthousiasme de sa chienne Mali. Constatant que j'étais essoufflé, il me lance, sourire en coin : « Et imaginez ce que c'est lorsque ce n'est pas la journée EN VILLE SANS MA VOITURE ! ». Assis là, face à l'homme, je me suis senti si petit (euphémisme...). Devant mes yeux ébahis, des dizaines d'oeuvres tapissaient les murs. Sans voix, bouche bée, j'ai reçu les premières questions de monsieur Back qui s'intéressait au projet de Terra Nostra Québec. Avec humilité, il se questionnait sur la façon dont il pouvait nous aider dans notre mission. Que répondre à cet artiste engagé qui a consacré sa vie à changer le monde et à conscientiser la planète à la protection de l'environnement et ce, bien avant que le sujet ne soit à la mode? Cet homme dont le talent a été reconnu et honoré à travers le monde par une multitude de prix internationaux, dont deux Oscars? J'arrivais pourtant à balbutier que, chaque jour de l'année, nous avons présenté la biodiversité sous différents angles et points de vue, parfois pour souligner l'importance et le rôle écologique d'une espèce, parfois pour sensibiliser notre public à un enjeu environnemental d'actualité, souvent pour, simplement, mettre en lumière un trésor caché de la nature québécoise - notre intention étant de démontrer qu'il n'est jamais trop tard pour prendre acte et se mobiliser. Je lui ai dit aussi que tout le groupe se réjouissait de lui rendre hommage pour sa ténacité, pour la cohérence et la pertinence de son oeuvre magistrale - un modèle pour nous tous. Il a rougi, avouant que par moment, il se sentait encouragé par des belles initiatives mais, qu'en d'autres instants, lorsqu'il était témoin de la stupidité humaine (donnant en exemple l'exploitation des gaz de schistes), il reconnaissait que nous avons encore beaucoup à faire pour éveiller les consciences. Le cerveau humain, me dit-il, est capable des plus grandes choses et des pires stupidités... « L'appât du gain, le court terme et le manque de vision sont nos plus grandes menaces ». Il reste que chaque année, des milliers d'arbres sont plantés grâce à l'oeuvre de Frédéric Back. Et chacun d'entre nous peut faire une différence avec de la volonté. Juste avant de nous quitter, il me confia que son coeur est empli d'admiration pour sa femme Ghylaine et ses enfants, héritiers qui poursuivent sa quête d'un monde meilleur. À leur image, il nous revient à tous d'y croire et d'y travailler. Chapeau bas, monsieur Back... chapeau bien bas.



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