Le dernier des maikan

Rodolph Balej


Pour les Premières Nations et les Inuits, le loup gris (Canis lupus) - appelé "maikan" par les Innus - a toujours symbolisé l'intelligence, le courage, la puissance et l'habilité. Mais sa réputation a radicalement changé avec l'arrivée des Européens, lesquels nourrissaient, depuis des temps immémoriaux, une haine viscérale envers cet animal considéré comme une bête cruelle, sanguinaire, sournoise et nuisible à l'homme... bref : un bandit à détruire coûte que coûte et par tous les moyens. En Nouvelle-France, l'oeuvre de destruction ne tarda pas à s'enclencher d'autant qu'elle fut cautionnée par la morale chrétienne qui voyait le loup comme l'incarnation du Mal absolu. En premier lieu, les gouvernements mirent en place des programmes et des primes pour inciter à l'abattage des loups, particulièrement dans les régions habitées. Plus tard, une « équipe spéciale de répression » composée de piégeurs professionnels fut mise sur pieds et on n'hésita pas à recourir à des appâts empoisonnés à la strychnine pour se débarrasser du canidé. Pendant près d'un siècle et demi, jusqu'à la fin des années 1970, des milliers de loups furent ainsi exterminés. Aujourd'hui de telles pratiques n'ont plus cours et de nombreuses études scientifiques ont contribué à revaloriser son image en mettant en lumière son rôle bénéfique dans la santé des écosystèmes. Il n'en demeure pas moins que pour beaucoup encore, en 2010, le loup reste un animal épeurant dont il faut se méfier... à quand une nouvelle version du Petit Chaperon Rouge?



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